Il y a un domaine en tout cas dans lequel notre Président et ses féaux sont impressionnants : c'est leur conviction absolue et inébranlable que leurs concitoyens (c'est nous) sont des imbéciles, à qui on peut faire avaler n'importe quoi. Ainsi donc, ayant mûri son analyse de la situation, N. Sarkozy consent à faire cadeau d'un conseil à E. Woerth : il l'invite à envisager d'abandonner sa fonction de trésorier du parti majoritaire. A la surprise générale (!), l'intéressé annonce qu'il suivra ce conseil. Et toute la droite d'entonner un chœur un hymne d'actions de grâce : qui oserait dorénavant parler de risque de conflits d'intérêt ?
Minute. La seule interprétation possible, c'est que le pouvoir en place admet qu'il y a aujourd'hui un risque de conflit d'intérêt et fait mouvement pour éliminer ce risque.
Il y aurait donc un risque de conflit d'intérêt entre la fonction de trésorier de l'UMP et celle de ministre du Travail ? Cette rigueur déontologique fait honneur à nos dirigeants. Mais alors il est évident pour tous que le risque était bien plus grand lorsque l'intéressé était ministre du budget. En d'autres termes, la démission annoncée du ministre du travail E. Woerth de sa fonction de trésorier de l'UMP équivaut à l'aveu d'une grosse faute déontologique commise dans son ministère antérieur. Le président voulait tirer sur les média, sur le PS, et voilà qu'il s'est tiré une balle dans le pied. S'il n'y avait pas la crise sociale, le projet de loi sur les retraites, etc. etc., on pourrait presque sourire.
Effectivement, ce qui arrive à E. Woerth prend tout son sens au moment où les questions sur le cumul mais aussi sur le renouvellement parfois à vie des mandats se posent. Les risques de conflits d'intérêt entre un élu local et national, mais aussi entre un élu et ses fonctions dirigeantes dans un parti (cela concerne un trop grand nombre d’élus locaux et nationaux de toutes sensibilités) sont inévitables et imposent la règle de non-cumul dans tous les sens du terme.
C’est toujours à la veille d’élections majeures que le PS tonne sur cette question puis retrouve très vite le silence après ses prises de quartier dans les palais nationaux. C’est du passé et n’étant pas du genre à condamner avant les faits, attendons de voir si les bonnes résolutions de ce parti concernant les cumuls verront le jour en France et à Clamart.
Toujours à propos d’Eric Woerth. Chacun, même à Clamart a un avis sur l’intégrité de ce ministre. Le PS a trouvé son os, il ne le lâchera pas.
J'ai connu la période Strauss-Kahn en 1999 lorsqu’il était ministre de l’Economie du gouvernement Jospin. DSK avait dû démissionner après une succession de révélations dans des affaires, notamment celles la Mnef et de la cassette Méry. A l’époque, dans son propre camp, beaucoup avaient pris leur distance. C’est hélas la façon de faire de ce parti et c’est choquant. Cela a été une catastrophe pour la France et pour le PS qui moins de 3 années plus tard n’avait pas réussi à convaincre plus d’électeurs pour le soutenir qu’un certain Le Pen.
Aujourd’hui, ce parti remet le couvert avec Woerth au moment où enfin un gouvernement s’emploie à traiter sur le fond le dossier des retraites attendu depuis le livre blanc de Rocard. Ce que l’on attend du PS, ce sont des contre propositions productives sur ce dossier qui ne se résument pas à envoyer Mme Woerth et son mari devant un juge. Ce n’est pas en augmentant les impôts de Mme Béttencourt que l’on financera en 2010 les 1,5 millions de retraites pour lesquelles il faudra emprunter pour les liquider.
Quel est donc ce PS qui se complait dans le populisme, qui n’est plus porteurs d'un projet et qui n’a toujours pas réussi mue ?
Ce parti n'existe plus que dans la critique systématique. Navrant !