Vous pensiez naïvement que les traders français émigrés à la City de Londres avaient tout perdu, leur job avec l’effondrement des bourses et des banque, leurs primes avec la taxe sur les bonus, leurs allocations chômage puisqu’ils n’avaient pas cotisé ?
Raté, ils savent aussi bien optimiser leur fiscalité que leur système de protection sociale (dixit une connaisseuse, Mme Lagarde).
Explications : ces jeunes gens frais émoulus des écoles de commerce et de lafinances qui font exploser les bénéficies des banques, les bulles spéculatives et les places de la finance, qui dénoncent le système de protection sociale français qui fait-qu’à-décourager-l’emploi-et-protéger-ces-fainéants-de-chômeurs-qui-nous-mangent-la-laine-sur-le-dos (ouf) ont émigré en Grande Bretagne pour faire des profits considérables : entre 30 et 60 000 euros de salaires mensuels, plus les primes, les bonus (jusqu’à 4 millions d’euros pour les meilleurs !), sans verser de cotisations sociales, et surtout pas de cotisation ASSEDIC.
Ben, ils ont su retrouver le goût du modèle social français avec le temps, tout particulièrement lorsqu’ils ont été lourdés de leur emploi à la City.
Pas compliqué : ils ont travaillé 1 jour en France, et ont touché le maximum de l’indemnisation pour perte d’emploi prévu par la législation française, à savoir 6 400 euros mensuels. Sans avoir jamais contribué d’aucune sorte ! Elle est pas belle la vie ?
Et ce gouvernement UMP qui n’hésite pas à dénoncer les scandales de ces privilégiés qui touchent les alloc et autres mini sociaux, a des pudeurs de jeunes filles pourreconnaître que déjà 33 traders ont profité de ce mécanisme. Dans un langage plus techno que ça tu meurs, Mme Lagarde a pris 18 mois pour arriver à ce calcul et répondre au député socialiste qui lui posait la question.
Et croyez vous que Mme Lagarde en soit outre mesure choquée ?
Que nenni ! Elle a refusé cette nuit de reconduire la taxe sur les bonus des traders lors du vote à l’Assemblée nationale de la loi sur la régulation bancaire et financière.
Alors, s’il y a encore des gogos parmi ces lecteurs pour croire en les rodomontades du gouvernement de Sarkozy contre la finance, les bonus, les banques et autres méchants, s’il y a encore des jeunes loups libéraux qui se permettent de qualifier notre modèle social d’assistanat sans même y participer, on leur répondra qu’à leur âge, on ne croit plus au père noël.
Un seul mot: A VOMIR!
Plus on en apprend sur les privilèges des nantis plus je me dis que la révolution de 1789 n'a finalement pas changé grand-chose. En tout cas, depuis 2007, il y a une accélération des inégalités dramatique. La nuit du 4 août est à refaire (en 1789:l'abolition des privilèges). En plus, ils se sentent l'impunité totale et profitent de tout avec une bonne conscience sidérante.Le peuple devrait être dans la rue depuis longtemps, et pas pour une petite journée!
Oui c'est exaspérant, encore un effet pervers d'une décision qui semblait au départ généreuse et équitable, mais les fonctionnaires de la commission européenne sont les spécialistes des effets pervers.
Une question que j'aimerais bien voir saisir par le PS et les autres formations de gauche, c'est : pourquoi l'indemnité de chômage devrait-elle être proportionnelle au salaire avant la perte d'emploi ? Il est légitime que l'indemnité augmente avec le salaire, mais la stricte proportionnalité ça conduit à des indemnités qui peuvent être très élevées et peser sur l'équilibre de l'ensemble du régime.