Beaucoup d’incertitudes demeurent quant à l’origine de ce dicton bien connu (voir Google), mais le champion de son utilisation est sans conteste notre inénarrable Président. Jeudi dernier, il annonçait qu’il allait faire inscrire dans la Constitution, l’obligation pour chaque nouveau gouvernement de se fixer en début de législature un objectif de déficit public sur 5 ans, et ceci à compter de 2012. Personne ne peut oublier qu’après les 5 années durant lesquelles le gouvernement Jospin a réussi à redresser les comptes publics et particulièrement ceux de la Sécurité Sociale, les gouvernements de droite successifs ont creusé le déficit budgétaire avec une mention spéciale à celui de François Fillon (1). Cette dégradation était sensible dès avant la crise financière. En conséquence, bien sur, la dette a explosé (2). Nicolas Sarkozy a été fortement impliqué pendant toute cette période, en tant que ministre des Finances, puis depuis qu’il est président. Il a pris de nombreuses mesures clientélistes, telles que la loi TEPA et son bouclier fiscal, la baisse de la TVA pour les restaurateurs, les dépenses de la présidence de la République, qui ont creusé ce déficit et donné une image d’inconséquence sur le plan budgétaire. Ainsi, voilà quelqu’un qui souhaite obliger son (ou sa) successeur-e à faire l’inverse de ce qu’il a fait !! C’est pour le moins surréaliste comme l’a déclaré l’ancien ministre socialiste des Finances Michel Sapin. Le choix de la date de 2012 pour ce nouveau processus n’est pas fortuit : ou bien Nicolas Sarkozy espère encore être élu, et l’on connaît la facilité avec laquelle il renie ses promesses, ou bien il n’y croit déjà plus et il crée des obligations vis-à-vis de ses successeurs quand tout se dérobe sous ses pas.
(1) puisqu’après 2,3% du PIB en 2006, ce déficit budgétaire est monté à 2,7% en 2007, puis 3,3% en 2008 et enfin 7,5% en 2009. A comparer à un maximum de 3% prévu par Maastricht.
(2) Puisque cette dette publique représentait 78,1% du PIB en 2009 contre 63,7% en 2006, en attendant de frôler les 85% cette année. A comparer à un maximum de 60% prévu par Maastricht.
Je me suis fait exactement la même remarque quand j'ai entendu cette nouvelle sakonnerie. Encore un moyen d'amuser la galerie mais aussi de piéger la gauche car qui peut dire qu'il est contre la réduction du déficit? Et au passage, combien de milliers d'euros pour réunir le Congrès.Cet individu nuit vraiment gravement à la démocratie!Il va falloir refuser ce débat qui n'en est pas un car les Français vont se détourner encore un peu plus de la politique. Que Sarko annonce plutôt ce qu'il fera pour tenir un tel engagement!