Le document d'orientation du gouvernement sur la réforme des retraites est sans surprise : ce sont essentiellement les salariés et les futurs retraités qui paieront. C'est exclusivement par l'augmentation de la durée d'activité qu’il envisage d'apporter des solutions au financement du système de retraite, alors que les projections du Conseil d'Orientation des Retraites (COR) montrent à l'évidence que retarder de trois ans le départ à la retraite ne suffit absolument pas à résoudre les problèmes de financement à terme. Par contre, cette mesure va certainement remplir de joie tous les jeunes auxquels elle s'appliquera. Dès le départ Eric Woerth exclut toute hausse des cotisations sociales ou des impôts, se référant une fois de plus à la sacro-sainte compétitivité des entreprises françaises : voilà qui réduit totalement les marges de manœuvre et étouffe complètement la négociation. Un semblant de solidarité est évoqué à travers une contribution supplémentaire des hauts revenus et des revenus du capital. Il s'agit selon toute vraisemblance de mesures cosmétiques dont le rapport ne dépassera pas 2 ou 3 milliards d'euros par rapport aux 45 milliards d'euros de déficit prévus par le comité d'orientation des retraites à l’horizon 2025. De façon générale, ce document ne comporte aucun élément chiffré. Il semble essentiellement destiné à reculer l'âge du départ à la retraite, mesure idéologique forte de cette droite qui n'arrête depuis des années de nous asséner : Français vous êtes des fainéants !
Le PS a pris ses responsabilités, assumant pleinement son rôle de principale force d'opposition : il vient de préciser ses propositions afin de faire face aux besoins de financement futurs de notre système de retraite, que nous ne nions pas, et il ne s’est pas contenté d’énumérer des mesures mais il les a chiffrées. Au lieu de taper exclusivement sur les salariés, nous pensons qu'il faut faire jouer en priorité les solidarités, dans une société où les inégalités se sont fortement creusées au cours des dernières années. Les revenus du capital doivent être également mis à contribution : la CSG leur sera également appliquée, alors qu’ils n'y sont pas actuellement soumis ; les stocks options seront imposés. Les banques, qui sont revenues à une situation très confortable, après avoir été à l’origine d’une crise financière sans précédent, feront l’objet d’une surtaxe. Ces mesures de justice sociale ne suffiront pas, et il faudra augmenter très progressivement et modérément (1% au total) les cotisations des salariés, mais aussi celles des entreprises. Enfin, le PS ne prévoit pas d'allongement de la durée de cotisation jusqu'en 2020 mais nous sommes prêts si nécessaires à réexaminer ce point à ce moment-là. Lorsque l'on fait des prévisions à long terme rien n'est définitivement figé et il sera important de refaire régulièrement le point sur les évolutions démographiques, économiques et sociales. Par contre, nous nous opposerons résolument au fait de repousser l'âge légal de la retraite au-delà de 60 ans. Cette mesure serait profondément injuste pour ceux qui ont travaillé longtemps et durement, et serait la porte ouverte vers un abaissement des retraites par application de décotes. Même si tout n’est pas défini, nous réfléchissons en particulier à un dispositif de retraite à la carte, le vote quasi unanime du bureau national sur ces propositions montre que le PS assume clairement ses responsabilités à gauche. Une fois de plus, le gouvernement va essayer de faire passer en force, avec la bénédiction du MEDEF, une réforme profondément défavorable aux salariés. Nous serons à leur côté pour nous opposer à des mesures profondément injustes mais aussi pour défendre une évolution plus solidaire de notre système de retraite par répartition. Rien n'est inéluctable et le sarkozysme qui s'est rendu tellement impopulaire auprès de la population peut encore reculer sur cette réforme purement idéologique.
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Alors que l'âge moyen auquel les gens font valoir leurs droits à la retraite est de 61 ans et demi l'âge moyen de cessation d'activité est de 58 ans et demi ce qui signifie que, en moyenne, les gens partent à la retraite avec 3 ans de chômage dans la besace.
Du fait de la décote pour les retraites prise avant 65 ans (qui est toujours l'âge légale de la retraite et pas 60 ans comme on nous le dit trop souvent) toute année manquante de cotisation à un impact d'environ 10% sur la pension.
Les mesures proposées qui porteraient sur un allongement de cotisation et/ou un recul de l'âge à partir duquel on peut faire valoir ses droits à la retraite entraineront obligatoirement une baisse des pension raprochant les retraités du seuil de pauvreté (faites des simulation avec vos salaires c'est édifiant).
Les mesures proposées par le PS portant sur un élargissement de l'assiette des cotisations vont dans le bon sens mais tant que le problème principale qui est le taux de chômage ne sera pas traité ce sera reporter le problème à plus tard.
Si on ne traite pas la cause le remède ressemblera comme le disait Stiglitz à propos du sauvetage des banques à :"Effectuer une transfusion à une victime d'une hémorragie interne." c'est nécessaire mais il faut soigner l'hémorragie en parallèle.
j'espère que la journée d'action du 27 mai sera un succès, que nous saurons montrer notre détermination.Le gouvernement avance masqué,laissant fuiter les infos, les démentant. je pense qu'il craint un peu les mouvements sociaux, surtout avec le degré d'impopularité de sarko. Après, on va nous occuper avec le foot puis il y a les vacances. Danger! Et on va nous agiter le chiffon rouge de la Grèce, l'euro qu'il faut sauver...le bourrage de crâne a bien commencé!
D'accord avec toi, Jérôme. Le vrai problème, c'est le chômage, aussi bien celui des jeunes dont l'entrée dans la vie active est repoussée, que celui des seniors que les entreprises souhaitent dégager au plus vite. Depuis plusieurs années, mon entreprise qui est en perpétuel plan social, envoie systématiquement à tous ceux qui ont atteint 57 ans une plaquette leur expliquant (les incitant!) comment arrêter de travailler.