Comment qualifier le texte pris par le Gouvernement pour calmer l'indignation massive soulevée par les avantages financiers des dirigeants d'entreprise ? Consternant ? Lamentable ?
Si on avait simplement voulu les calmer, pas besoin de décret : 8 SMS auraient suffi. Mais un décret donne au bon peuple l'illusion qu'on traite le problème, alors qu'en réalité on l'escamote.
Le problème ne se réduit nullement à l'avidité de quelques personnes. Résumons :
La crise économique et sociale mondiale est due à l'explosion d'une "bulle" de l'endettement.
Les consommateurs ont été poussés à s'endetter afin de pouvoir acheter les produits des entreprises alors même que les revenus salariaux ne leur en donnaient pas les moyens.
Pourtant la répartition du revenu national ne fait pas apparaître sur la longue période une diminution importante de la part globale des salaires.
Comment s'explique alors l'insuffisance générale de ces revenus ? Par le fait qu'une part importante des produits de la croissance a bénéficié à une petite fraction de la population, qui l'épargne au lieu de la consommer.
C'est vrai en France, mais ailleurs aussi (aux USA, en Russie, en Afrique…). Et on va le répéter : ce qui a déclenché la crise actuelle, c'est le creusement sans précédent des inégalités de revenu.
Pour nous socialistes, dont la lutte contre ce creusement est sans conteste le dénominateur commun, la façon dont les patrons les plus cyniques viennent ainsi de tirer un obus dans le pied du capitalisme n'est pas surprenante, et ce serait presque comique s'il n'y avait pas tant de souffrance à la clef.
Il nous revient de dénoncer sans indulgence la présente tentative de camouflage (à moins que ce ne soit de l'inconscience ?) du Gouvernement
Pour "réparer" le capitalisme, il faudra réduire énergiquement les inégalités qu'il crée spontanément. Le plan de relance plaidé par le PS va exactement dans ce sens. Cependant, partout, la dette publique qui remplace progressivement la dette privée explose, et il faudra rembourser. Notre défi sera de conduire ce remboursement d'une façon qui combatte l'inégalité. Il faudra en reparler.