L’apostat Eric Besson, sous ministre de l’immigration et de l’identité nationale, vient de déclarer ne pas pouvoir prendre le décret d’application prévu par la loi pour mettre en œuvre les tests ADN instaurés par la loi dès l’élection de M. Sarkozy à la présidence de la République.
On se souvient qu’une énième loi sur l’immigration avait instauré ce système de contrôle génétique des étrangers, comme un mécanisme de traçabilité et de filiation exclusivement réservé aux étrangers (enfin, à certains, ceux d’Afrique noire surtout, vous savez, ceux qui ne sont pas « entrés dans l’Histoire »). Cette loi, âprement combattue par les socialistes, toute la gauche et même par certains élus de l’UMP, que l’humanisme n’effraie pas, était passée aux forceps, sous les forces les plus extrémistes de ce parti au pouvoir, que le conseil constitutionnel avait enfin quasiment vidé de sa substance. Eh bien cette loi, qu’un décret d’application devait préciser, s’avère inapplicable, dixit le ministre de l’immigration, porte parole de l’UMP.
Mais alors, si la loi est inapplicable, alors que le Parlement qui l'a votée la change. Monsieur Besson doit revenir devant le parlement pour tirer toutes les conséquences de son constat et demander l'abrogation de cette loi.
Et si vraiment il manque d’idées, nous lui proposons de profiter de l’examen de la loi sur la bioéthique qui devrait être inscrite au calendrier de l’Assemblée nationale au premier trimestre 2010.
Nous verrons à ce moment quelle importance le gouvernement UMP de Sarkozy accorde à la loi et au parlement : si elle est faite uniquement pour communiquer à l’attention d’une partie de son électorat (en l’espèce, l’extrême droite) ou pour concevoir une organisation générale du pays, si les députés UMP, comme le député de chez nous, Monsieur SCHOSTECK, retourneront leur veste en votant une abrogation de ce texte après l’avoir soutenu en bon godillot, si la fameuse majorité UMP entre les Boquel, Besson, Amara, Mariani, De Villiers est autre chose qu’une machine électorale au service d’un autocrate.
Comme les responsables des grandes organisations (Droits de l'Homme, etc.), je regrette que Mr Besson ne signe pas ce décret pour des raisons "pratiques" alors qu'il aurait dû prendre sa décision par éthique. Avec ces dispositions, qu'en était-il des enfants adoptés par exemple ? Comment pouvait-on dénier aux familles étrangères un droit qui semble naturel pour les familles françaises ? Se réfugier derrière la faisabilité me semble aggraver le cas de Mr Besson.