Très récemment on apprenait que, non seulement le nombre de gardes à vue avait presque doublé depuis le retour de la droite au pouvoir, mais encore ce chiffre était largement sous-estimé puisqu’il ne contenait pas les gardes à vue pour infraction routière (alcoolémie, conduite sans permis...). Au total, ce sont environ 900.000 français qui ont fait l’objet de cette mesure en 2009, soit 1,5 % de la population, ce qui est énorme : la plupart des gens connaissent peu ou prou dans leur entourage une personne qui a passé une nuit dans une cellule de commissariat. La garde à vue - GAV dans le langage policier - s’installe et, bien que souvent traumatisante, se banalise, alors que c’est une mesure qui est loin d’être anodine. Elle se déroule dans des conditions d’hygiène souvent déplorables et s’accompagne couramment d’atteintes à la dignité de la personne, comme de très nombreux gardés à vue peuvent en témoigner. Cela a déjà été dénoncé à plusieurs reprises et a souvent été critiqué par les instances européennes. Il serait trop facile de mettre tout cela sur le dos des policiers, même si certains manquent de repères en matière de droits des citoyens. La politique du chiffre que Nicolas Sarkozy a instaurée, et qui est fortement critiquée par les policiers, pousse à augmenter le nombre de gardes à vue : ainsi, par exemple, la multiplication des GAV pour les infractions routières permet de faire monter le taux d’élucidation, un délit routier étant une infraction facilement élucidée… Le peu de réactions du gouvernement à cet excès de zèle des policiers montre clairement une volonté de surveillance et d’intimidation, qui se traduit souvent par le recours au fameux délit d’outrage que l’on brandit à la moindre velléité de résistance à des décisions arbitraires. Pendant ce temps-là, les délits avec violence ne cessent d’augmenter, preuve que les méthodes actuelles de la police ne font pas peur aux véritables délinquants, tout comme la GAV qui ne les intimide pas. Une bonne intégration de la police dans la population, au service de l’ordre et des citoyens, est nécessaire à la démocratie. On ne peut rien attendre de ce gouvernement en la matière : une victoire de la gauche et du Parti Socialiste aux élections régionales sera un premier pas vers le retour à des pratiques démocratiques.
Lueur d'espoir ! Le 28 janvier, le Tribunal Correctionnel de Paris annule cinq gardes à vue, les droits de la défense n'étant pas convenablement assurés. À l'annulation collective s'ajoute la "rare sévérité" du jugement disent les observateurs. Le Tribunal s'appuie sur la jurisprudence de la Cour Européenne des droits de l'homme, en estimant qu'en France l'avocat n'est qu'un "spectateur impuissant" alors qu'il devrait pouvoir rechercher des preuves favorables à l'accusé et préparer des interrogatoires.
Les avocats appellent à une réforme rapide de la garde à vue.
Ily a un moment qu'on entend des témoignages de gardes à vue abusives, surtout depuis que ça touche des citoyens ordinaires, bien éloignés de la délinquance.La droite sarkozyste montre là son vrai visage: intimidation des citoyens et privation des droits les plus élémentaires. Pendant que les vrais délinquants courent tranquilles, la police fait du chiffre sur le dos de citoyens bien peu dangereux.Espérons que les citoyens qui ont élu sarko pour éradiquer la délinquance comprendront que son bilan n'est que poudre aux yeux et manipulation des chiffres. N'ayons pas peur de dénoncer cette escroquerie.