Les violences à l’école ont fait la une de l’actualité. Réponse de notre ministre : on va créer une commission et bien sûr il faut mettre des portiques, des caméras….
Et pourquoi pas des miradors et des barbelés électrifiés !!
La violence à l’école est avant tout le résultat de l’échec scolaire auquel s’ajoutent souvent les difficultés familiales (séparations, maltraitance, mal logement, précarité, pauvreté). Pour aider ces jeunes, il faut des enseignants (avec possibilité de petits groupes), des assistantes sociales, des infirmières et des surveillants. Bref, IL FAUT DES ADULTES. Notre gouvernement aurait - il oublié le mot ÉDUCATION dans Éducation nationale ? Pas besoin d’une commission pour savoir que, quand le nombre de surveillants tombe de 50 000 à 28 000, de 2004 à 2010, quand on supprime 50 000 postes d’enseignants en 3 ans, alors que le mini baby boom de l’an 2000 arrive au collège, ça ne peut être que catastrophique.
Mais notre Président s’en fout complètement de la réussite de tous les enfants, lui, il est là pour les riches du bouclier fiscal, eux se débrouilleront toujours pour leurs enfants ! D’ailleurs, nos impôts vont payer les coûteuses études des enfants d’expatriés (tous des pauvres, bien sûr !) alors qu’elles étaient financées par les grosses boîtes qui les emploient ! Au fait, je crois qu’on a créé de nouvelles circonscriptions pour les Français de l’étranger afin qu’ils soient mieux représentés et devinez pour qui ils vont voter ???
Et, cerise sur le gâteau, dès cette année, les enseignants ne seront plus formés en pédagogie, n‘auront fait aucun stage pratique. ENSEIGNER N’EST PLUS UN MÉTIER ! Il suffit d’avoir un diplôme et ensuite on déverse son savoir dans le cerveau des élèves comme dans un entonnoir !! Ben voyons !!
Quant au fait qu’on investisse de plus en plus pour une école qui ne marche pas, c’est archifaux !! En 1996 l’investissement pour l’Éducation nationale représentait 7,6% du PIB. En 2008, on est tombé à 6,6% et on se trouve nettement au-dessous de la moyenne des pays de l’OCDE (30 pays riches).
Il est clair que l’École n’est plus du tout la priorité de ce gouvernement et pourtant, comment se prépare l’avenir d’un pays ?!
Bravo Sylviane, c'est exactement ce que pointait le site démocratie et socialisme dans son édito du dimanche 21 février sur http://www.democratie-socialisme.org
Ci dessous le texte publié sur le site:
L’école publique n’a pas besoin d’une politique sécuritaire
dimanche 21 février 2010
Depuis plusieurs jours, les enseignants de la région parisienne se mobilisent massivement. Les agressions dont ont été victimes des élèves ont mis le feu aux poudres, mais la réponse sécuritaire du gouvernement n’est en rien satisfaisante.
Car ce que demandent ces enseignants, ce n’est pas plus de répression ou plus de sanctions, ce sont tout simplement les moyens de faire leur métier dans des conditions qui donnent aux jeunes la possibilité d’apprendre et de se former.
Car les problèmes de violence sont le double résultat d’une politique d’insécurité sociale qui plonge des milliers de jeunes dans un monde où la seule règle est de s’en sortir « coûte que coûte », et la seule loi la loi du plus fort, et d’une politique scolaire qui consiste à supprimer les postes par milliers, notamment dans le second degré, tandis qu’on ponctionne des crédits et des emplois pour mettre en place de la vidéo-surveillance et des équipes mobiles de sécurité...
La seule perspective donnée aux jeunes par la politique de Sarkozy, du moins aux « meilleurs élèves », c’est d’aller voir ailleurs, dans les « bons établissements », tandis qu’on laisse la « racaille » à l’abandon dans des établissements ghettos.
Le ras-le-bol des enseignants ne pourra pas être détourné par des Etats-généraux annoncés pour avril et qui se feront sur la base du déni de ce qui précisément conduit à cette situation. Ce sont des mesures concrètes qu’il faut prendre : rétablissement des postes supprimés, rétablissement de la carte scolaire, une autre réforme du lycée qui permette la réussite de tous...
Mais nul n’imagine que ce gouvernement puisse les décider sans une mobilisation massive pour une autre politique, et sans une alternative politique crédible à gauche.